Cela peut paraître anecdotique, mais une simple cloque peut suffire à compromettre une course. Ce détail rappelle une réalité bien connue des coureurs : les blessures surviennent rarement d’un coup. Elles s’installent souvent de manière insidieuse, à force de répétition ou d’un excès d’enthousiasme au moment de commencer son entraînement. Dans le cadre de la course de l’Escalade, mettez toutes les chances de votre côté afin de ne pas devoir renoncer en raison d’une blessure qui aurait pu être évitée.
Les blessures les plus fréquentes
En course à pied, la plupart des blessures sont liées à la surcharge, lorsque les tissus sont sollicités au-delà de leur capacité d’adaptation. Contrairement à une chute ou une entorse, moins fréquentes, ces lésions apparaissent généralement de manière progressive. Les plus courantes concernent les tendons – comme la tendinopathie d’Achille, la fasciite plantaire ou la tendinopathie rotulienne – ainsi que les structures osseuses, parfois jusqu’à la fracture de stress. Ces blessures résultent moins d’une usure que d’un déséquilibre entre effort et récupération, souvent lié à un excès d’entraînement. Le surpoids, la technique de course à pied, la force et les chaussures sont eux aussi des facteurs déterminants.
S’entraîner de manière progressive
Prévenir les blessures, c’est d’abord planifier son entraînement avec réalisme. Avant de commencer, il faut définir son objectif et le temps dont on dispose pour s’y préparer. La progression doit être graduelle, avec des jours de repos réguliers et, en parallèle, un travail de renforcement ou de coordination.
Lors d’une reprise ou d’un début de programme, mieux vaut alterner de courtes périodes de course avec des phases de marche. Cette alternance aide les tissus à s’habituer à l’impact sans épuisement excessif. Les premières séances peuvent être brèves (quinze à vingt minutes de course), mais doivent être complétées pour atteindre environ 45 minutes d’activité cardiovasculaire, soit la durée moyenne d’une course de l’Escalade. On peut ainsi combiner la course à pied avec vingt minutes de renforcement musculaire : squats, gainage ou exercices de coordination, pour améliorer la force et la stabilité tout en limitant le risque de blessure.
Les facteurs extérieurs comptent également. Attention à ne pas monter ou descendre trop souvent des pentes raides, courir sur terrain irrégulier ou avec des semelles usées, sous peine d’accroître le risque de blesser ses tendons, en particulier au début de votre entraînement.
Après une blessure, reprendre sans précipitation
Se blesser ne signifie pas de devoir tout arrêter ; il faut plutôt adapter son entraînement. Réduire l’intensité, varier les activités (vélo, natation, marche rapide) ou supprimer temporairement le dénivelé permet de maintenir la forme sans aggraver la lésion. L’essentiel est de continuer à bouger, car un arrêt complet favorise la perte musculaire, retarde la guérison et complique la reprise.
Certaines douleurs, comme les fractures de stress, peuvent aussi être liées à un déséquilibre énergétique quand l’apport calorique ne couvre plus la dépense. Ce syndrome – appelé RED-S ou déficit énergétique relatif dans le sport – fragilise les os et provoque parfois des troubles hormonaux. Bien s’alimenter fait donc partie intégrante de la prévention, au même titre que le repos et le renforcement.
Savoir prendre le temps et s’écouter
La clé d’un entraînement durable reste la progressivité, avec un objectif raisonnable et une préparation suffisante. Le corps a besoin de semaines, voire de mois, pour s’adapter aux contraintes de la course. Pour la course de l’Escalade, commencer sa préparation en novembre, quand on n’a pas l’habitude de courir, est trop tardif. Mieux vaut s’y prendre plusieurs mois à l’avance pour progresser sans risquer de se blesser.
S’accorder du temps, écouter ses sensations, ajuster sa charge d’effort et ne pas sous-estimer l’effet du poids sont les meilleurs moyens de courir durablement. La prévention ne commence pas sur la ligne de départ, mais bien plus tôt, quand on choisit ses chaussures, qu’on planifie ses séances d’entraînement et quand on laisse au corps le temps de s’ajuster.
Pour en savoir plus sur la prévention et la prise en charge des blessures du coureur, les spécialistes de l’Unité de médecine physique et de réadaptation orthopédique des HUG seront présents au stand HUG de l’Escaladexpo le dimanche.

