Bravo vous êtes inscrit.e à la 46ème course de l’Escalade ! Pour vous y préparer au mieux peut-être pensez-vous que vous devriez perdre un peu de poids, et si possible rapidement pour votre moral, pour rentrer à nouveau dans les vêtements mis de côté depuis quelque temps ou affronter les fêtes de fin d’année un peu plus léger.e ?
Pour ce faire, pourquoi ne pas faire un petit régime vous dites-vous peut-être ? Sans sucres ou « low carb », hyperprotéiné, cétogène, hypocalorique, dissocié…. Quel que soit le type, les régimes restrictifs, qui consistent à diminuer drastiquement les quantités consommées et/ou à éviter certaines catégories d’aliments (en dehors de problématiques d’allergies ou intolérances alimentaires), engendrent un déficit calorique très important, créant la perte de poids. La faim et le rassasiement ne sont plus écoutés et le contrôle est principalement mental. L’apport énergétique global est ainsi inférieur aux dépenses de l’organisme, et cela est logiquement d’autant plus le cas si on augmente ses entraînements en parallèle.
Effets négatifs collatéraux
Fait sur quelques jours seulement, cela n’apporte généralement pas de problème, mais si ce régime est tenu sur une période prolongée, il y aura généralement plus d’effets non désirables que seulement celui voulu de la perte de poids. Sur le plan sportif, avoir une alimentation trop restreinte en calories va en effet limiter les performances à l’effort et engendrer des problèmes de récupération : pour travailler correctement, les muscles ont besoin d’énergie sous forme de glucides (sucres) qui doivent provenir de l’alimentation. En cas de régime strict les muscles ne reçoivent pas suffisamment de ces glucides, le glycogène (stock de glucides dans le foie et les muscles) est constamment déplété et le rendement musculaire ne peut donc pas être bon. Les muscles trouvent une alternative en utilisant les protéines, qui sont détournées de leur rôle initial de structure pour être transformées en sucre, générant des effets collatéraux telles que douleurs, courbatures ou crampes musculaires, fatigue générale ou mentale, stress oxydatif et impact défavorable sur le microbiote intestinal.
On brûle… mais pas de la graisse
Pour que les muscles s’adaptent à l’effort, il leur faut donc leur source d’énergie, les glucides. A l’image d’un véhicule hybride qui a besoin d’essence pour son moteur, les muscles brûlent des sucres et des graisses lors d’entraînements adaptés, mais privés des glucides ils ne peuvent pas utiliser les graisses comme second substrat énergétique lors des efforts d’endurance. La perte de masse graisseuse tant désirée ne peut donc pas se faire, remplacée par une éventuelle perte de volume musculaire.
Vous l’aurez compris, il n’est pas judicieux d’adopter un régime restrictif à quelques semaines de votre objectif (ni à un autre moment de l’année d’ailleurs !). Pensez plutôt à une alimentation diversifiée et riche en végétaux, incluant toutes les catégories d’aliments y compris les féculents à chacun de vos repas en quantité adaptée à votre appétit, et limitez le grignotage, le sucre ajouté et l’alcool tout en vous hydratant suffisamment. Vous aborderez ainsi votre course préférée en forme, sans vous sentir coupable de vous faire plaisir à table.

